lève-toi, et marche !

Je ne sais pas encore si j'ai bien fait d'effacer le blog de TDT1...
Passons l'éponge vous voulez bien? Ce qui est important aujourd'hui, c'est que j'ai décidé de ne pas abandonner. Je suis désolé de savoir à l'avance que cela va ennerver les quelques uns (unes) qui m'ont poussé à ranger mes stylos. Je n'ai qu'une vie moi, je ne suis pas un chat, et je n'ai vraiment pas envie de cesser d'écrire, d'inventer, et encore moins de rêver ! J'aime trop ça !
Je connais mon niveau, et jamais je n'ai eu la prétention de me comparer aux grands écrivains qui vendent des milliers de livre. Thomas dit Tom... Mince, c'est quand même plus d'un an de travail !! Et puis sans prétention aucune, je dis que c'etait un exercice difficile, que ce n'était pas gagné d'avance!

C'était mon premier roman. Il m'a semblé évident de m'appuyer sur des réalités, des éléments qui composent ma vie. Alors c'est vrai que Thomas avait la même voiture que moi, qu'il avait le même travail, le même age, les même baskets orange... C'est vrai aussi qu'il avait deux filles, comme moi, l'une passionnée de pokemon, l'autre de barbies... Thomas pour conclure était marié. Je le suis aussi. Et c'est là que les choses se gattent...
Pour ceux et celles qui connaissent le roman, c'est vrai que dans les premiers chapitres, Anne est une femme un peu autoritaire, qui semble s'emporter assez facilement. Est-ce que ce n'est pas normal si l'on considère ce qu'elle faisait de ses nuits avant de sortir des racines ??
Ce qui c'est passé, c'est que trop de lecteurs proches ont réellement comparé les personnages du roman avec nous. Ainsi on me reproche de ne pas aimer ma femme, on m'accuse de l'avoir trompé, ne serait-ce qu'en papotant sur les différents chats.... Si vous imaginiez seulement ce que j'ai pu entendre et lire...
Je vais laissé cet article quelque temps, et puis je l'effacerai

# Posté le dimanche 15 février 2009 06:21

Modifié le dimanche 15 février 2009 07:42

résumé de TDT1

résumé de TDT1
La bulle des rêves

Thomas vit en Normandie avec Anne, anormalement triste depuis dès mois, et leurs filles,
Cathie et Pauline, toutes les deux pleines de vie. C'est à l'occasion d'une virée chez des amis
bretons que la petite famille s'engage sur la route du site exceptionnel de la « Roche aux fées ». Ce dolmen séculaire trône en haut d'une colline d'Ile et Vilaine depuis la nuit où, selon la légende, des fées l'ont fait apparaître afin de prouver leur existence aux hommes.
Dans l'esprit souvent contemplatif de Thomas, le doute n'est pas permis. Il croit en elles « mordicus » depuis toujours, lui qui adore rêver devant l'écran de son ordinateur en contemplant sa collection de dessins féériques. Son enthousiasme le conduit ainsi à vivre intensément la visite du mégalithe qu'il quitte en emportant bien callée au fond de sa poche, une minuscule bille de schiste rouge orange, ramassée au pied d'un des quarante énormes blocs. Un souvenir indispensable.

Le séjour Armoricain consommé, Thomas s'installe dans son canapé et confectionne en posant la gemme sur une vieille relique de son adolescence, une chevalière très... originale qu'il décide de porter fièrement en signe d'attachement à celles qui l'ont forcement un jour, taillée de leurs propres mains. C'est la nuit suivante que sa vie bascule...
Alors qu'il vient de s'endormir paisiblement dans le lit conjugal, Thomas entend un bruissement de feuilles mortes. Il ouvre alors les yeux dans un monde inconnu et fort étrange : la bulle des rêves. Très vite, il y rencontre Tina, une adorable elfe de 20 ans sa cadette qui lui apprend à communiquer par la pensée. C'est ensuite Mila, une fée somptueuse, qui apparaît devant ses yeux incrédules et lui explique que grâce à la pierre de sa chevalière, il aura à l'avenir conscience de ses rêves et pourra aussi les contrôler. Elle ajoute avant de s'envoler, que ce pouvoir féérique lui impose d'accepter un modeste service : Sauver les rêves de l'humanité qui depuis trop longtemps ne parviennent plus à se matérialiser dans la bulle. Le passage qui permettait jadis aux fées de diffuser paillettes et magie sur Terre est fermé, sa localisation oubliée. Mila précise enfin que le temps est compté parce que chaque nuit qui passe, les cauchemars envahissent nos esprits endormis et s'y diffusent avec toujours plus de virulence et de cruauté.
Thomas n'a pas vraiment le choix et refuse catégoriquement l'éventualité de voir un jour prochain ses filles chéries perdre elles aussi leurs rêves, glisser doucement vers la mélancolie, l'incompréhension, se laisser envahir par la souffrance, la dépression... devenir enfin et sans le vouloir des « miss en noir », comme il les a baptisées.
Les miss en noir...Quand il les contemple sur Internet ou qu'il dévore leurs blogs, elles lui font quelquefois peur, l'angoissent et lui déchirent le c½ur mais ce sont pourtant celles qu'il préfère !
Il adore leur apparence, jalouse parfois leur tristesse, souffre pour leurs ailes déchirées, se frotte les yeux devant leurs larmes de sang et malgré tout cela, Thomas n'aspire qu'à découvrir leur sourire dans un prochain article.
Non, il n'envisage pas de refuser sa coopération ni quoi que ce soit d'autre à la jolie fée Mila et accepte donc la mission sans condition.
Avec l'aide précieuse de Tina, il constitue une armée d'elfes bucheron qui s'attaque d'emblée à la ceinture de ronce cuirassant le centre de la bulle.
Dans l'amas de racines qu'ils affrontent, les soldats aux longues oreilles et aux lames affutées découvrent des corps inanimés. Celui d'Anne est ainsi extirpé de sa prison. C'est là, séquestrée par la forêt asservie que son énergie onirique lui était soustraite chaque nuit pour alimenter la sphère des cauchemars, noire, gigantesque et triomphante au centre précis mais encore trop éloigné de la forêt. Evacuée par les fées, Anne est soignée par Mathieu, un ange majestueux qui à l'instar de tous ses semblables, a le pouvoir de recharger en amour les c½urs et les âmes abattus. Après un traitement intensif et légèrement magique, Anne est débarrassée des radicelles qui polluent son corps et retrouve rapidement ses forces, son sourire et la jolie paire d'ailes roses
dont elle avait été privée.
Thomas décide de traverser la bulle et d'atteindre la sphère noire qu'il pressent responsable de la
catastrophe. Il prend alors la tête d'une équipe atypique et au rythme de ses nuits, découvre et affronte des endroits aussi lugubres et dangereux que le « marais-cage » et le désert de la souffrance. Chaque fois qu'il ferme les yeux dans son lit pour les ouvrir ensuite dans son rêve, il lui faut abandonner des plumes et des paillettes sur le champ de bataille. Les anges, les fées et la précieuse Tina qui l'accompagnent périssent les un après les autres sous ses yeux, en lui volant chaque fois un peu plus de confiance en lui et d'espoir de réussite. Thomas parvient tout de même à toucher à paroi lisse et glacée de la sphère dans laquelle il crée une ouverture avec la pierre magique des fées qu'il égare sitôt le travaille effectué.
Dans l'antre des cauchemars, Thomas est seul... Trop seul. L'obscurité est presque totale. Il cherche une réponse à chacune de ses questions. Un pas de trop le déséquilibre et l'entraine sur un toboggan qui débouche dans la partie basse et centrale de la sphère. Là, au bord d'un lac bleu débordant de l'essence pure et bouillonnante de nos rêves, il perd connaissance en se faisant éclabousser par un jet chevronné. D'autres suivent la cadence et provoquent partout sur son corps, des brulures abominables. Trop concentré, chacun d'eux attise et réveille ses cauchemars oubliés, le poussant afin de ne plus souffrir, jusqu'à une tentative de
suicide...
Anne cherche son mari partout dans la bulle et découvre par hasard la chevalière qu'il a perdu devant la sphère. En la passant à son doigt, elle reçoit la connaissance et la magie absolue des éminentes et anciennes fées. Dans la bulle des rêves, toutes les créatures s'organisent désormais autour de la nouvelle reine des fées.
Dans son lit, Thomas dort et s'agite soudain violement. Anne parvient à le réveiller et s'horrifie devant la peau fumante et carbonisée de son époux qui est très vite emmené à l'hôpital où il tombe dans un profond comas tandis que dans la bulle, les fondations de la sphère sont détruites à grands coups de hache. Celle-ci sombre au fond du cratère sur lequel elle flottait en provoquant une explosion qui anéantie une bonne moitié de l'armée magique.
Thomas, dit Tom, que personne ne sait calciné à l'intérieur de la sphère, disparait avec elle dans le magma brûlant. C'en est terminé des cauchemars. Sur Terre, l'événement baptisé « la nuit magique », est le point
de départ d'une nouvelle vie pour chacun. A mesure que les fées, les anges et les elfes reprennent le contrôle des rêves, l'humanité reprend celui de sa destinée.
Quelques semaines passent durant lesquelles Thomas est examiné par nombre de spécialistes qui ne parviennent pas à stopper l'évolution des brûlures.
Toutes ses nuits, Anne les passe à errer dans la bulle, à chercher quoi, susceptible de comprendre l'état de son mari.
Elle est soudainement réveillée par la sonnerie du téléphone.

C'est l'hôpital. On lui annonce qu'il y a quelques minutes, Thomas a ouvert les yeux...
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# Posté le dimanche 15 février 2009 07:03

Modifié le dimanche 15 février 2009 07:15

Doucement, elle se reveille dans l'ombre, s'étire et ouvre alors les yeux vers la lumière ............

Doucement, elle se reveille dans l'ombre, s'étire et ouvre alors les yeux vers la lumière  ............
illustration offerte par Nienna.
J'adore

# Posté le mercredi 18 février 2009 05:48

TDT2 prologue

TDT2     prologue
Thomas venait d'ouvrir les yeux...

Je me souviens de cette phrase, c'est la dernière du premier tome de mon premier roman...

Pour être franc, je n'en ai oublié aucune tant j'ai gardé dans mon c½ur mes compagnons de la

bulle. En réfléchissant un peu plus, je crois même n'avoir jamais cessé de penser à eux, comme

s'ils étaient vraiment vivants quelque part et qu'ils attendaient de mes nouvelles, ou comme si

j'allais un jour prochain recevoir des leurs ou bien les croiser dans la rue !

C'est ce que j'ai trouvé de plus déroutant dans l'écriture. J'ai créé de toutes pièces des personnages

vraiment fantastiques, de par leur nature propre d'ange, de fée ou d'elfe par exemple. J'ai pour

chacun d'eux, fabriqué sur un bristol une petite carte d'identité en essayant de leur donner une

apparence, un sourire, un caractère, et à mesure que les mois se sont écoulés, mes héros ont pris

vie dans tout mon être, au plus profond de ma bulle à moi. Aujourd'hui et c'était inévitable, je les

aime profondément , tous autant qu'ils sont à avoir soutenu et chéri Thomas.

Il y a Tina bien entendu, la petite elfe espiègle et sensible qui me manque vraiment bien qu'elle ne

soit jamais loin de moi. Je pense aussi à Mila, à Angeline, Oscar, Ninon, Cassandre, Mathieu...

Evidement, je ne saurais oublier Anne, Pauline et Cathie qui partagent ma drôle de vie sous les

yeux globuleux de Timo et enfin il y a Thomas qui je dois l'avouer, a quelques peu bouleversé ma

vie. C'est vrai qu'il détient un peu de moi dans ses gènes, mais je vous le rappelle, je ne suis pas

Thomas et Thomas n'est pas moi !! Je suis juste un de ceux que les fées ont choisi pour diffuser

leur message. C'est du moins ce qu'il me plaît à croire ...


Alors ? Qu'en est-il aujourd'hui de ce fameux message ? Et puis quel était-il vraiment ? Avez-

vous abandonné les mauvaises nuits qui vous pourrissaient l'existence pour ouvrir votre esprit et

laisser les fées vous inonder de jolis rêves ? Croyez-vous que l'humanité avance enfin dans la

bonne direction ?

Pour ma part, je ne crois pas honnêtement que la destruction des racines ait été chose suffisante.

Voyez-vous, j'ai continué à regarder tourner le monde. Je l'ai vu rire... quelques fois !

et pleurer... encore beaucoup trop souvent !

De ce fait, je ne pense pas que la bataille soit terminée et il m'arrive même d'imaginer avec effroi

qu'elle ait pu ne jamais commencer.

Qu'attendons-nous pour réagir dans ce cas ? Nous les parents, vous les prochains ! Il y a près de

cinquante mille tentatives de suicide par an en France et chez les seuls adolescents. Je n'oublie pas

de vous rappeler quelques autres aussi terrifiants maléfices que sont l'anorexie, la scarification...

ultimes hurlements d'une génération abandonnée qu'un monde de plus en plus sourd,

indifférent et froid n'essaie même pas d'entendre, encore moins d'écouter et (soyons fou) de

comprendre. Le plus grave, c'est qu'il n'y a toujours aucune porte de sortie, aucune lumière à

l'horizon pour beaucoup trop d'entre eux. Beaucoup trop de nous tous !

Alors effectivement, Thomas vient d'ouvrir les yeux. Et après ?

Si j'admets que mes petites fées adorées existent vraiment, qu'elles sont là tout près de moi et

autour de vous, qu'elles nous observent et attendent que l'on se décide à ouvrir nos esprits trop

étroits ! Si je vous affirme qu'il y a aussi dans tous les cieux, des anges impatients de nous inonder

d'amour, que nos forêts sont protégées par Tina et ses semblables... Alors ? Vous sentez-vous

capable un instant, de ne pas refuser l'évidence, de reconnaître autour de vous ceux qui la nuit,

volent au-dessus de nos têtes ? Allez-vous accepter, enfin, de vous battre à leurs cotés ?

J'ai souhaité dans la suite de l'aventure, vous faire partager des cauchemars qui m'ont été

envoyés par quelques proches de la bulle. Ces petites parenthèses vous prouveront si vous en

éprouvez toujours le besoin, que le dossier « humanité en danger » n'est pas prêt d'être classé.


Oui, je rêve, et alors !!! Osez m'affirmer que vous, vous ne rêvez pas !

Allez, cessons là ce bavardage et passons à l'action en nous concentrant dès maintenant sur

l'objectif essentiel, afin que chacun de nous réalise ses rêves.

Ouvrons nos yeux et notre c½ur à ceux qui sont en train de sombrer...



Sauvons-nous !!!

# Posté le vendredi 13 mars 2009 04:28

allez, on attaque. Premier chapitre

aussi fluo que poilus

Cela fait trois jours entiers qu'Anne jongle entre les enfants, l'école, la maison, l'hôpital et

Thomas. Trois jours très éprouvants mais la nuit où c'est arrivé restera à jamais gravée dans sa

mémoire.

Les mois sans lui furent si longs, si angoissants et pénibles ! Du jour au lendemain c'était toute

sa vie qui s'était effondrée. Anne en était certaine, rien ne serait plus comme avant.

Pour commencer, il fallu plusieurs semaines à la maman et à ses filles pour admettre que Thomas

n'allait peut-être jamais rentrer à la maison. Passées les premières semaines d'hospitalisation, il

était encore totalement impossible pour le corps médical d'émettre ne serait-ce qu'un minuscule

diagnostique colorié aux crayons de couleur. Anne et ses chéries passèrent ensemble des

journées toutes entières, des heures interminables à se souvenir, à se

raconter « papa », ses baskets orange, son VTT, papa et ses silences, papa qui rentre du travail...

- Papa et sa bague aussi, hein maman ! avait un soir ajouté Cathie, ce qui entre nous lui avait

valu de se retrouver au beau milieu d'une tempête lacrymale avant la fin de la page de pub.

Tous les jours, Anne avait rendu visite à son mari, simplement pour l'embrasser entre ses

bandages imbibés de tout ce que l'Univers disposait dans sa pharmacie contre les brûlures

corporelles. Elle en profitait souvent pour lui raconter comment l'humanité allait bien grâce à lui,

en espérant de tout son être que Thomas l'endormi puisse l'entende, qu'il comprenne et se

réjouisse d'une telle réussite.

Le reste de son temps libre, Anne avait décidé de le mettre à la disposition d'une association

caritative nouvellement créée dans la région. Lia la présidente, avait trouvé chez elle toute la

volonté, la pugnacité et l'engagement qui manquait à la précédente secrétaire « just married » en

plein déménagement pour « très-très-loin-city ». Propulsée ainsi directement aux cotés de la

direction, Anne s'était donc investie toute entière pour mener à bien ses missions et faire en sorte

que ses neurones aussi trouvent une occupation moins douloureuse que se creuser vainement les

uns après les autres.

Pas de doute, les mois sans Thomas furent vraiment interminables et chacun comprendra ainsi

pourquoi, il y a trois jours de cela, lorsque le Docteur Baras l'a réveillée à quatre heure du matin

pour lui annoncer l'heureuse nouvelle, Anne s'était sentie pousser des ailes.

Il était vraiment temps que Thomas se réveille, ne serait-ce que pour se rendre compte en

personne de la nouvelle vie du Monde. Elle n'en savait probablement rien, mais c'était grâce à

Monsieur Thomas, comme le lui avait rabâché son épouse au chevet, que l'humanité avait

retrouvé le chemin des rêves.

Après l'effondrement de la sphère et en seulement quelques heures, l'humeur du Monde avait

changé radicalement, et dans toutes les contrées, d'invisibles passages s'étaient ouverts pour

laisser entrer brillamment quantité fantastique de fées..

La Bretagne fut évidemment la première envahie et le dolmen de la Roche aux Fées, imposant et

magnifique en haut de sa colline, vit passer entre ses pierres le plus gros nuage ailé de toute son

histoire.

Invisible autant qu'agitée, la plupart des fées de la bulle s'était éparpillé cette nuit là dans la mère

patrie Celtique, qu'on se le dise ! Une fois le « gros » du troupeau parfaitement dispersé,

quelques anges à leur tour avaient emprunté les mêmes portes. Plusieurs d'entre eux n'avaient

encore jamais pu voler ailleurs que dans la bulle, des oiseaux en cage, et tous avaient eu en

apercevant la lune et le ciel étoilé, une pensée chaleureuse pour Thomas, Thomas dit « Tom »,

celui grâce à qui le grand voyage était enfin devenu possible.

Quand à eux, les elfes avaient choisi les plus belles forêts pour apparaître. Sam plongea dans la

grande de Mormal, en affichant par le fait sa parenté avec la famille des elfes du Nord , caste

dignement dirigée par Nienna aujourd'hui. Tina aussi retourna à ses premiers amours et se glissa

sous la frondaison du bois entourant le calvaire, où elle disparut aussitôt dans les fougères.

Dans ce monde éveillé, les hommes ne passaient plus beaucoup de temps dans leurs forêts, -

il y a tellement d'autres occupations plus intéressantes ! -, les quelques dernières tempêtes

avaient fini de sabrer une telle quantité de grands et solides arbres que Tina crut subitement se

retrouver quelques nuits en arrière, enfermée dans ses nuits sombres entre les racines... Ça oui, il

y en avait du travail, et suffisamment pour ceux qui débordaient de courage et d'enthousiasme.

Les fées elles aussi eurent droit à leur surprise et s'horrifièrent après quelques battements d'ailes

de la disparition totale des principales valeurs sur lesquelles notre société déclarait se fonder

jusqu'alors.

Trop longtemps ! Elles étaient restées enfermées dans la bulle depuis bien trop longtemps et il ne

semblait plus exister sur Terre de différence entre le bien et le mal. Seuls, quelques nouveaux

mots/maux de notre temps flamboyaient aujourd'hui dans les esprits jusqu'alors privés de rêves :

Orgueil et égoïsme, violence et immoralité.

Les Anges non plus n'allaient pas manquer de travail, ni de clients. En survolant simplement

quelques villages ou quartiers au petit bonheur la chance, quelle ne fut pas leur émotion en

saisissant tous azimuts des souffles de vie égarés, des râles de chagrin et de douleur, appels au

secours incontestables... Il plut cette nuit là, des larmes d'ange.

Anne se leva dès l'aube ce fameux matin. Depuis qu'elle avait raccroché le téléphone après

l'appel de l'hôpital, elle avait regardé les minutes défiler trop lentement sur l'écran lumineux du

radioréveil et avait avalé deux « super picsou géant » en entier tout en écoutant les griffes de

Timo sur le carrelage, juste derrière sa porte.

Ça n'allait plus tarder mais il fallait attendre une heure « raisonnable » pour réveiller les enfants,

les conduire à l'école avec du chocolat autour de la bouche, et courir jusqu'à la grande porte

automatique de l'hôpital.

Ce fut exactement dans cet ordre que les événements intervinrent à ceci prêt qu'entre l'école et

l'hôpital, Anne fut obligée de repasser vite fait à la maison pour enlever ses chaussons aussi fluo

que poilus et choisir une paire de chaussures beaucoup plus de circonstances.

Comme le lui avait annoncé le Docteur Baras en pleine nuit, Thomas avait donc ouvert les yeux

et s'était offert par la même occasion, son billet de sortie du coma.

Elle y était maintenant, juste devant la porte de sa chambre, encore essoufflée par la montée des

quatre étages. L'ascenseur, c'est pas très bon pour la forme et puis il était trop long à se décider !

Elle hésita un peu avant de poser sa main sur la clenche. Le Docteur Baras qu'elle avait

directement rejoint à l'accueil du service était à ses côtés et comprenait son anxiété... une partie

tout du moins...

Ce qu'elle aurait voulu savoir avant d'entrer, c'est ce qu'avait dit Thomas cette nuit, en

apercevant le docteur, en le reconnaissant peut-être ! Le jour de leur première rencontre, le

lendemain de l'admission de son mari, Anne en tout cas l'avait de suite reconnu, et pour cause...

Le docteur Baras répondait simplement au doux prénom de Mathieu et il était aussi celui qui

l'avait si délicatement soigné dans la bulle. Un ange exceptionnel... Ce fut donc avec beaucoup

de difficultés ce jour là, qu'elle avait essayé de cacher sa surprise sous ses pommettes rouges.

La grande fée rose qui portait toujours la chevalière de Thomas avait pris l'habitude chaque

matins, de voir réapparaître ses rêves au beau milieu de son cerveau. Toutes les fées qu'elle avait

croisées, les elfes qui lui avaient sourit, et les anges, tous les anges qui chaque nuit comme

Mathieu, n'auraient manqué pour rien au Monde leur petite ballade dans la bulle...


Elle respirait un peu mieux maintenant et venait de décider que si Thomas avait dit quoi

que ce soit, Mathieu lui en aurai déjà certainement parlé.

Quand même, le Docteur Baras... un ange ! Et l'infirmière, Angeline ! C'était tellement

évident en fait ! Comment pouvait-il en être autrement d'ailleurs ? Des personnes aussi

dévouées, aussi engagées... Ce n'étaient pas les premiers qu'elle avait eu l'occasion d'admirer

ceci dit.

Des anges, Anne en croisait régulièrement sur son chemin. Très souvent, depuis qu'elle était

reine, elle en reconnaissait ici et là en ville, dans les grands magasins, à la télévision, des rêveurs

dissimulés derrière leurs ailes d'anges ou de fées qu'elle seule avait la capacité de discerner dans

notre monde bien réel. Ces rencontres lui apportaient toujours énormément de bonheur.

Sous l'abris de bus de l'école par exemple, elle contemplait tous les soirs une jeune

étudiante qui attendait calmement le bus pour rentrer chez elle. Johanna. Une ange extrêmement

douée pour son âge puisqu'elle renfermait déjà dans son c½ur, assez d'amour pour protéger

quasiment toute sa famille, et quantité de ses amis. Ils sont comme ça les anges. Anne l'avait

reconnue parce qu'elle la croisait régulièrement dans la bulle, sur une estrade fleurie où elle

apprenait à voler et improvisait ses rêves comme personne. Une grande tragédienne !

Il y avait aussi de nombreuses fées en ville, et de plus en plus du reste ! Une d'elles était

particulièrement étincelante depuis quelques semaines.

La perte d'une amie proche lui avait fait perdre quelques temps le fil de ses rêves, et elle aussi

avait probablement passé de sales moments dans les racines, mais la puissance de son sourire

avait eu raison de ses angoisses. Amélie avait ainsi retrouvé ses ailes et ses paillettes, ses yeux

malicieux et sa joie de vivre contagieuse. Ainsi, quand elle traversait la rue piétonne pour

retrouver son chéri à la sortie de son travail, elle diffusait dans l'atmosphère à elle toute seule,

une importante partie de la bonne humeur dont la ville nécessitait quotidiennement.

Mais revenons devant la porte, parce que je ne vais certainement pas vous faire cadeau de mon

répertoire aussi facilement ! Alors si vous voulez voir des fées et des anges, faites comme moi,

ouvrez l'½il.


Pour chasser de son esprit ses derniers songes et profiter pleinement des proches retrouvailles,

Anne enleva la chevalière, la plaça au fond de sa poche et respira un bon coup.

Elle hésitait encore.

« Pourquoi ? »

Qui pouvait l'empêcher d'entrer ? Que redoutait-elle ? Existait-il une seule personne ou une

seule chose capable de lui faire regretter d'entrer ?

Non, elle avait déjà trop attendu et cette espèce de trouble, ce pressentiment mystérieux qui

tambourinait dans ses tempes, là, juste devant la porte, n'aurait de toute façon pas suffi.

Anne agrippa la poignée.

# Posté le mercredi 18 mars 2009 12:06